Conférences / débats

Energie, agriculture, luttes environnementales,
on change de modèles ?

En 2024, pour ce 4e festival, on passe au « plan B » général. Parce que le monde ne tourne pas rond et que nous voulons poser un autre regard sur le vivant, nous réfléchirons en deux temps.
On fait les constats et on passe ensuite aux exemples concrets, positifs, ceux qui nous ferons avancer ensemble vers un changement indispensable de modèles sociétaux !
Des conférencier-ères d’horizons divers viennent partager leur analyses et expertises ou leur expériences concrètes. On échange des savoirs-faire, on brasse des énergies positives et on se projette dans un futur... plus enviable.


Vendredi 16 août

18h30-20h : L’Europe, la taxonomie et le nucléaire
La taxonomie, c’est le règlement européen classant les activités économiques sur le plan environnemental selon leur source d’énergie. Depuis le début des discussions, le gouvernement français s’est allié avec des pays « pro-gaz » à travers un deal : « Je soutiens ton gaz, tu soutiens mon nucléaire ». Elle a finalement obtenu que ces deux énergies soient intégrées dans la taxonomie, comme "énergies de transition", porte grande ouverte aux investissements publics et privés dans le nucléaire et le gaz fossile.
La France n’a cessé depuis son jeu d’influence en Europe, avec la promotion des petits réacteurs (SMR), et a lancé en 2024 son "Alliance européenne pour le nucléaire", qui parachève trois ans de lobbying intense d’Emmanuel Macron, VRP du nucléaire.
Par Marion Rivet, Réseau Sortir du nucléaire
et François Thiollet, ex-député européen


Samedi 17 août

10h-12h : A la recherche de l’autonomie, au collectif ou en local
Sortir des dépendances en créant du lien et des solidarités : de nombreuses initiatives fleurissent partout, y compris en Lorraine. Des porteurs de projets viennent partager leur savoirs-faire et expériences.
Témoignages autour de  :
- Projets open source : Atelier Paysan (dont le montage de four, par Mila), l’éolienne Piggott, et en matière de mobilité : le Vhélio, par Pierre Quérel et le MosqitOS (modèle de vélo extrêmement performant, qui peut être construit par des débutants sur des ateliers collectifs.) par un animateur d’ateliers du Jura...
NB : Après les conférences-débats, un espace forum annexe permettra d’aller plus loin, avec des expositions de matériel ou panneaux et partage d’expériences, de contacts ou de projets.

- Projets collectifs de production d’électricité renouvelable :
* Sylvain Balland, animateur des projets citoyens d’énergies renouvelables en Lorraine, vient dresser le panorama des moyens de s’impliquer dans des projets vertueux et locaux d’énergies renouvelables, les projets labellisés Energie Partagée et Centrales Villageoises.
Des projets où les habitants se regroupent pour investir et décider comment produire une électricité verte et locale. Parfois même, ils la partagent via de l’autoconsommation collective. Rien de tel que des exemples concrets en Lorraine pour rendre les choses palpables, on parlera des Centrales Villageoises du Pays du Saintois, de Vezouze en Piémont, de la SAS Solyron (Ville sur Yron), de la société coopérative Enercoop Nord Est et de Bains d’Energies (La Voge les Bains), de l’autoconsommation de Dun sur Meuse et des kits photovoltaïque à installer soit même (5ème commande groupée des Centrales Villageoises de Vologne Moselle).
* Hervé Dupied présentera le projet de l’association L’Isle-en-Saulxleillée, une initiative portée par des habitants du village de L’Isle-en-Rigault :
a) Créer une communauté d’action citoyenne pour se réapproprier notre bien commun qu’est l’énergie produite localement, au travers du modèle économique de l’autoconsommation collective (ACC).
b) Influencer les collectivités locales concernant le devenir du site des anciennes papeteries de Jeand’Heurs, en leur demandant de centrer la programmation du futur site réhabilité sur la production d’hydroélectricité et d’électricité solaire en ACC.
c) Lancer plusieurs projets d’ACC à différentes échelles sur la commune.
* Régine Millarakis de Meuse Nature environnement fera part de sa réflexion sur l’accompagnement nécessaire des particuliers qui feraient bien le pari d’installer du solaire photovoltaïque en autoconsommation pourraient avoir besoin de conseils et coups de main.

14h-15h30 : Energies renouvelables, on fait le point !
Un panorama sur le développement des énergies (sans nucléaire) ! Quels sont les différents modèles européens de déploiement des énergies renouvelables ?
Par Antoine Bonduelle, consultant en énergie et environnement
pour des entreprises, des ONG ou des collectivités publiques

16h-17h30 : Un autre regard sur le monde paysan et le vivant
Souveraineté alimentaire : de la lutte pour transformer les politiques agricoles à la mobilisation pour la mise en place d’initiatives locales.
En Europe, les mobilisations agricoles du début d’année ont souligné le mal-être des agriculteurs/trices face au marché toujours plus libéralisé. Parallèlement les agricultures paysannes et biologiques souffrent, elles aussi, d’une demande locale en recul.
Un rapport de force renouvelé et large est plus que nécessaire pour imposer de nouvelles orientations aux politiques agricoles, basées sur le principe de la souveraineté alimentaire telle que définit par La Via Campésina).
Un million, sinon plus, de paysan.ne.s est nécessaire pour répondre aux enjeux agricoles, alimentaires, territoriaux et environnementaux.
Pour cela, d’autres formes d’installations et d’activités paysannes sont à imaginer.
Par Christophe Van Hoorne de la Confédération paysanne Nationale et Romain Balandier de Confédération paysanne Grand Est
Un cas concret : la SCIC Ferments Communs, à Malain (Côte-d’Or) est une coopérative agriculturelle qui réunit une épicerie, un café associatif, des boulangers, une brasserie, une biscuiterie, des paysans qui élèvent des brebis, des cochons, des ânes ou cultivent la terre.
Par Léo Coutellec, l’un des initiateurs de ce projet atypique.

18h-20h : Projet Cigéo, on en est où ?
- Incertitudes technologiques majeures, travaux préalables, impacts d’un chantier annoncé phénoménal, expropriations, transports des déchets nucléaires : Cigéo tente de s’imposer sur le terrain mais rien n’est fait ! C’est le moment de faire le point.
- De l’importance de la lutte juridique : les recours DUP & DAC, question prioritaire de constitutionnalité (QPC)...
Par les collectifs Burestop55 et Cedra52, MNE, des juristes et des opposant.es


Dimanche 18 août

10h-12h : Les luttes locales : nouveaux enjeux
Un tour d’horizon des enjeux actuels des luttes environnementales (déroute des routes A69, A 61 ; mégabassines ; fermes usines ; aviation ; entrepôts logistiques ; etc.).
Par Terres de Luttes / Témoignages d’acteurs militants

14h-15h30 : Les transports nucléaires, un immense et fragile réseau
Parti des terres du Niger, du Kazakhstan, du Canada ou d’Australie, en passant par les ports du Havre ou Sète, puis par Narbonne, Romans-Sur-Isère, puis disséminé dans les réacteurs, envoyé ensuite vers l’usine de La Hague, l’uranium sous toutes ses formes circule en semant des déchets tout au long de son chemin. Les industriels aimeraient les faire disparaitre par un « enterrement » dans un cimetière éternel à Bure. Si leur sinistre projet devait se réaliser, des milliers de blocs de verres, véritable concentration de la radioactivité, devraient alors traverser la France sur près de 700 km au péril des populations riveraines.
Par Yannick Rousselet, consultant en sûreté nucléaire

16h-17h30 : Le nucléaire : une histoire d’eau aussi !
Depuis les années 70, l’industrie nucléaire fait partie du paysage français. Mais à l’heure des projets de renouveau de notre parc nucléaire et dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, il est plus que jamais nécessaire de s’interroger sur l’impact de cette industrie qui utilise ce bien commun indispensable qu’est l’eau. Besoins en eau et rejets thermiques des centrales nucléaires, contamination des eaux souterraines, du milieu aquatique et des ressources en eau potable au cours des différentes étapes de la filière nucléaire seront les thématiques présentées dans cette conférence à travers le prisme des études et dossiers réalisés par la CRIIRAD.
Par Roland Desbordes / CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité)

18h-19h30 : Un monde à l’image du projet nucléaire : une guerre généralisée au vivant
Il n’y a pas de nucléaire civil sans nucléaire militaire et pas de nucléaire militaire sans nucléaire civil. La création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) en octobre 1945 a façonné la reconstruction de la France au lendemain de la Seconde guerre mondiale et fait de notre pays aujourd’hui un acteur-clé de la prolifération nucléaire civile et militaire. Avant même son utilisation, l’arme nucléaire a dès sa fabrication de graves conséquences sur sanitaires et environnementales sur les humains et la planète. Nous présenterons un rapide état des lieux de la fabrication de la bombe en France, des conséquences des 210 essais nucléaires et sur les actions en cours. Ensuite nous débattrons sur comment renforcer nos actions entre nos différents mouvements pour sortir du nucléaire civil et militaire.
Par Patrice Bouveret et Topuzogullari Sayat (Observatoire des armements - OBSARM)